Vilac : le jouet made in Jura

person Posté par: Éditions Sophie PIERRE list Dans: Découvrir - Le magazine Le: favorite Hit: 324

A la lisière de la Suisse, il existe un endroit en France où le Père Noël aime tout particulièrement se fournir en cadeaux. Moirans-en-Montagne dans le Jura s’est imposé comme le berceau du jouet français porté par des marques emblématiques comme Vilac. Présentation. Texte et photos : Editions Sophie Pierre



Il tient son nom du mot latin "juria" qui signifie forêt, le Jura a fait de sa richesse sylvicole un ingrédient clé pour s’imposer dans l’industrie du jouet durant la seconde moitié du XXe siècle. Il faut dire que les racines des joujoux remontent au Moyen-Âge avec les objets de piétés tournés par les moines de l’abbaye de Saint-Claude. Dans cette commune perchée du Haut-Jura, la tournerie connaît rapidement un essor grâce à l’abondance des matières premières comme l’eau et le buis. D’année en année, les paysans qui ne peuvent pleinement travailler la terre en hiver se tournent vers la tabletterie et la fabrication de tabatières. Et ce, avant de diversifier leurs produits et d’élargir leur bassin d’activité aux communes alentour. C’est ainsi qu’après la Révolution française l’histoire du jouet s’inscrit progressivement. Si Saint-Claude s’impose comme la cité de la pipe, non loin de là, Moirans-en-Montagne compte parmi l’un des plus grands ateliers européens du Père Noël. Rien d’étonnant à ce que le Musée du jouet y ouvre ses portes à la fin des années 80 afin de valoriser la production locale.

Une laque pour ADN

C’est dans cette canopée constellée de sapins et d’épicéas que née la société Vilac. Fondé en 1911 par Narcisse Villet, l'atelier de tournerie confectionne cordes à sauter, sifflets, quilles, boules etc. en bois pour le compte de négociants. Sous la houlette de ses deux fils Paul et Raymond Villet, l’entreprise devient quarante ans plus tard Villet frères. Le duo, porté par la ferveur pour les jouets à traîner après-guerre se démarque en les colorant d’une laque cellulosique. Un procédé qui devient l’ADN de la marque et donne en 1979 le nom Vilac, contradiction du patronyme du fondateur Villet et du mot laque. Dans les années 80, Vilac développe une gamme d’objets haut de gamme de locomotion (voiture, bateau en bois etc.) qui permettent à l’entreprise de faire face à la concurrence des jouets en plastique. En 1985, la société est rachetée par Hervé Halgand, lequel modernise les collections tout en conservant la tradition du jouet en bois tourné et laqué. Dix ans plus tard, l’entrepreneur vient au chevet d’une importante fabrique française de poupées et baigneurs PetitCollin.

Entreprise du patrimoine vivant

En 2012, les deux entreprises sont acquises par le groupe France Cartes qui détient déjà une autre société jurassienne Jeujura, née la même année que Vilac et connue pour son jouet mythique Mon chalet en bois. Jeujura et Vilac comptent aujourd’hui parmi les dernières fabriques made in Jura de jouets en bois de dimension industrielle. En 2014, Laurent Weisbuch cède la partie « cartes à jouer » à Cartamundi, afin de conserver Vilac, Jeujura et Petitcollin, trois entités labellisées EPV (Entreprise du patrimoine vivant).  En sus des jouets en bois (chariot de marche, jouets à traîner, puzzle, voiture etc.), Vilac se distingue par un large choix de porteurs voiture vintage. Dont le look rétro séduit petits et grands enfants.


Le saviez-vous ?

Selon le livre Histoire du jouet de Yvan Lacroix aux éditions Dauphin, les traces des jouets remonteraient au cinquième siècle avant notre ère. Toutefois, il faut attendre le Moyen-Âge pour qu’ils soient qualifiés comme tel, avec l’apparition du mot.

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