Toute l’histoire des émaux de Longwy

person Posté par: Editions Sophie PIERRE list Dans: Découvrir - Le magazine Le: favorite Hit: 39

Fondée en 1798, la Manufacture des émaux de Longwy continue de perpétrer le savoir-faire unique des émaux cloisonnés au trait noir qui ont participé à propulser cette commune lorraine en Cité des Émaux. Présentation.
Texte : Éditions Sophie Pierre – Photos : La Manufacture des Émaux de Longwy

Sertie de la Belgique, du Luxembourg et de l’Allemagne, la Lorraine regorge de trésors. A son simple énoncé, les images se bousculent. Certes, celles d’Epinal qui font la joie des collectionneurs et ont donné lieu à une expression rentrée dans le langage commun, mais aussi les clichés de Nancy, cette ville labellisée Unesco au style art nouveau. Sans oublier, les cristalleries célèbres telles Baccarat ou Saint-Louis ou encore les vergers en fleur dont les 400 000 mirabelliers couvrent jusqu’à 70% de la production mondiale. Si les gourmands retiennent leur chatoyante couleur jaune doré qui met en éveille les papilles, c’est sur les traces du bleu que l’on emmène ici les amoureux de la déco. Lancés sur les pas d’un joyau, dont le fruit de la passion continue de nos jours de nous émerveiller par ses motifs classiques à l’image de ses flamboyantes fleurs de pommiers ou ceux plus contemporains qui font renaître ce savoir-faire unique. Vous avez deviné ? Il s’agit bien évidemment des fameux Émaux de Longwy qui ont fait de ce village une étape incontournable sur la route de la faïence, initiée en 2016, afin de promouvoir la tradition faïencière lorraine.



Naissance en 1798

A la genèse rien ne prédestinait Longwy à un tel avenir. Créé ex-nihilo en 1679 par Vauban, pour en faire une nouvelle place forte de Louis XIV, Longwy doit sa réputation de cité d’émaux à la présence notamment de la Manufacture des Émaux de Longwy née une centaine d’années plus tard. Plus exactement en 1798. Date à laquelle, la famille Boch, bien connue pour son empreinte sur l’industrie de la céramique, ouvre dans l’ancien couvent des Carmes la première faïencerie de la commune qui en compte six aujourd’hui.



Commande impériale

En un rien de temps, la renommée fait jour à la suite de la visite de Napoléon Ier. L’Empereur, séduit par la beauté des pièces, commande des services de table destinés aux Maisons impériales de la Légion d’Honneur. Une consécration, suivie d’une destinée prospère durant tout le XIXe siècle sous l’impulsion des nouveaux propriétaires : la famille Huart. Il faut dire que vers 1870, la manufacture prend un tournant décisif. Devant cette époque éprise d’orientalisme et pour faire face aux importations croissantes en provenance de la Chine et du Japon, décision est prise de faire venir à Longwy le directeur des usines du Mikado, Amédée de Carenza. Cet Italien va révolutionner le genre en développant l’idée de s’inspirer des émaux métalliques chinois et japonais pour appliquer la technique sur la céramique. Et voici comment les premiers émaux de Longwy sont nés. Si durant la même période, la manufacture continue de produire des faïences dites « d’usage » aux motifs de fleurs et d’oiseaux, c’est bien ce procédé de mise en relief cloisonné au trait noir sur faïence qui constitue l’ADN de cette société.



Qu’est-ce la mise en relief cloisonné au trait noir ?

Mais de quoi s’agit-il ? Pour mieux comprendre, il faut s’intéresser à la méthode de fabrication toujours usitée de nos jours. Une fois la forme de la pièce imaginée par les stylistes, un modèle en plâtre est réalisé afin de donner naissance à un moule en plâtre creux dans lequel est coulée la barbotine, ce mélange de kaolin, d’argile et d’eau. Après diverses étapes de séchage, lissage et cuisson, est obtenue la pièce en terre cuite blanche communément appelée biscuit. Ce dernier est alors imprimé d’un trait d’encre noire qui reprend le décor de la pièce. L’objectif de ce trait est de cloisonner les couleurs les empêchant ainsi de se mélanger. Chaque alvéole créée par le trait est ensuite remplie à la main d’émail coloré par un procédé de goutte à goutte. Une fois la pièce complètement émaillée, celle-ci est cuite à 750°C pendant une nuit. Une opération de retouche de la pièce a alors lieu, nécessitant une deuxième cuisson à 750°C, avant de déposer au pinceau l’or sur le décor. Cuit cette fois à 600°C, l’objet reçoit ensuite de la terre de sienne sur la surface émaillée afin de rendre les craquelures de l’émail visibles. Le résultat est surprenant : la couche d’émail colorée très épaisse produit un volume et une profondeur des couleurs époustouflantes impossibles à reproduire en faïence décorée.



Et aujourd’hui ?

Portée par le style Art déco de 1918 à 1930, la manufacture a connu une période féconde au travers notamment de la collaboration avec Printemps-Primavera, avant de plonger dans une période de sommeil. Depuis 2015, sous l’impulsion du groupe Emblem, elle continue de préserver le savoir-faire et de dynamiser la création au travers d’artistes de renom. Pierre Gonalons vient d’ailleurs de réinterpréter avec la création « Chou » le grand vase décoratif de collection, un objet qui est au cœur de la production de la manufacture depuis le XIXe siècle, quand India Mahdavi décline une nouvelle version de l’iconique Bishop sous le nom de « Primadonna ». Citons également Nicolas Blandin dont la collection Bahia propose un décor fidèle aux fondamentaux de la manufacture et à la technique du cloisonnement des couleurs. Une façon de perpétuer cette histoire entre tradition et modernité qui s’est lancé le défi de la reconquête des marchés internationaux.




Des designers connus

Depuis 2006, la manufacture des Emaux de Longwy est labellisée entreprise du patrimoine vivant. Chaque pièce se veut unique et différente, car décorée à la main dans ses ateliers. En plus des créations « maison », la manufacture fait depuis tout temps appel à des artistes et designers tels que : Nicolas Blandin, Jean-Pierre Maltese, Mette Galatius, Clotilde D, Stéphane Gisclard, Flora Merleau, Catherine Garros, Catherine Lhoir, Jean-Paul Neglot Tolgen, Nicolas de Waël, Valérie Brand, Nicolas Blandin, Carlo Maiolini, Régis Dho, Bonnie Colin, Mathias, Jean Boggio, Jean-Claude Bligny, Léon Zanella, Garouste et Bonetti
Jehan, Sandra Brégieras, Les Héritiers, Thérèse d’Encausse, Muriel Besnard, Padraig Creston, Bouchard-Le Guen, Robert le Héros, Xavier Prigent, Catherine Gouny, Evgenia Miro, Pierre Casenove, Alain Thomas, Sophie Sirot, Georges Braque, Lætitia Pillault, Petr Vadura, Danillo Curetti, Sandra Benielli, Isabel Yung, Hilton Mc Connico etc.



Contact
Manufacture des émaux de Longwy 1798
3, rue des Emaux
54400 Longwy










Dimanche Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre

Nouveau compte S'inscrire