Pierrot Gourmand : une histoire à croquer

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Offrons-nous un peu de douceur grâce à cette marque, aujourd’hui corrézienne, qui a fait saliver des générations de culottes courtes. 
Texte : Agence Sophie Pierre - Photos : Pinterest, Flickr et Agence Sophie Pierre

Du haut de ses 121 ans d’existence, la marque Pierrot Gourmand en a fait du chemin avant d’atterrir dans la commune d’Altillac en Corrèze. Avec dans sa valise, un beau bagage celui de l’inventeur de la sucette en 1924. Mais pour mieux comprendre cette épopée, il nous faut repartir dans la capitale et remonter dans un temps où le bonbon n’était pas encore une gourmandise à savourer sur le retour de l’école. Pour cela, il faut attendre l’ascension de Georges Evrard, qui progressivement va le faire passer de statut de « thérapeutique » réservé aux adultes à celui de gourmandise.

Créer des papillotes multicolores

En 1892, ce fils de la bourgeoisie parisienne ouvre sa première fabrique, rue des Rosiers dans le Marais à Paris. Formé chez John Tavernier, l’artisan, dont la première création est un bonbon à la réglisse parfumé à la violette, conjugue deux talents : un incroyable tour de main pour le sucre cuit et une prédisposition naturelle pour le marketing. Fort de ses bacantes conquérantes, le confiseur a pour préoccupation l’amélioration de la vente en vrac de confiseries logées dans des bocaux en verre. Au point de s’intéresser fortement à l’emballage. C’est à lui que l’on doit cette idée d’envelopper individuellement ses bonbons dans une papillote colorée. Au fil du temps, l’industrialisation aidant, les pliages se font de plus en plus complexes techniquement selon la friandise. Du pli complet pour les caramels aux pliages en pointe, chaque confiserie est imaginée telle une surprise. Il faut dire que l’activité de Georges Evrard a bien grandi. Depuis le dépôt de la marque Au Pierrot Gourmand en 1899, il augmente progressivement les capacités de production en déménageant plusieurs fois son entreprise.

L’arrivée de la sucette Pé.Gé

En 1911, par exemple, son catalogue compte pas moins de quatre-vingts variétés de sucreries. Et ce, tout juste un an, avant de créer le fameux bonbon allongé et rectangulaire nommé Riviera et fourré à la pulpe de fruit. Afin de poursuivre son ascension et pour faire face à la concurrence, Georges Evrard fait le choix de l’industrialisation en bâtissant une usine-chocolaterie dans la proche banlieue parisienne, plus exactement au 72 de la rue de Paris à Ivry-sur-Seine (94). Ce projet s’accompagne d’une association avec Henri Herbet. La société d’exploitation prend alors pour raison sociale Les établissements G. Evrard & Herbet. Avec ses toffees et autres bonbons durs, ses friandises s’adressent encore aux adultes. Mais que les petits gourmets se rassurent, le confiseur s’offre une deuxième invention de génie qui fait définitivement entrer la marque dans l’histoire. Et ce, avec le commencement de la célèbre sucette Pé.Gé  au caramel au lait qu’il dépose à l’INPI. D’aucuns diront que c’est au sortir d’une fête foraine en observant les enfants déguster des sucres d’orge à l’aide d’une partie du papier pour protéger leurs doigts que le confiseur aurait eu l’idée d’une sucette élaborée dans des moules en bois et façonnées sur un bâtonnet en rotin de Madagascar. Quelle que soit la légende, une chose est sûre l’emblème de la marque est née. Et à quoi la reconnaît-on ? Au Pierrot, pardi, qui séduit le public et émoustille les passions publicitaires.

Pierrot : friand de pub

Véritable phénomène de mode, qui débuta en France avec le mime Jean-Baptiste Gaspard Deburau (1796-1846) dont les spectacles au théâtre des Funambules ont fait revivre les facéties de ce personnage de la commedia dell’arte, nommé en Italie le Pedrolino. Si de nombreuses marques ont fait appel au Pierrot comme Cointreau ou le chocolat Poulain, c’est dès 1892, que le confiseur Evrard fait dessiner un Pierrot appuyé sur un croissant de lune tendant des bonbons à une Colombine. A partir de 1926, c’est au tour d’artistes de mettre leurs pattes à ce Pierrot devenu populaire. D’abord Georges Folmer, puis Armand Henrion dont on retrouve la signature sur des buvards ou encore René Vincent. Parmi les objets publicitaires, aux plaques émaillées s’ajoutent l’incontournable présentoir à sucettes.

Le buste à collectionner

Le fameux buste de Pierrot succède au présentoir en éventail et en bois élaboré en 1926. D’abord en bois recouvert de papier mâché, le buste est ensuite fabriqué en plâtre peint en jaune, en bleu… puis en faïence. A la fin des années 70, Pierrot Gourmand est en difficulté financière. En 1976, année de lancement des sucettes boule, la marque est reprise par Ger’son appartenant au groupe Andros, et s’installe dans le Lot à Biars-sur-Cère (46). C’est en 1990 qu’elle rejoint l’autre site de la société, situé à Altiac en Corrèze (19) où elle continue d’écrire son histoire, dans un pays fort en fruit.

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