Madrigal.b remet au goût du jour la dentelle à nœud

person Posté par: Agence Sophie Pierre list Dans: Découvrir - Le magazine Le: favorite Hit: 289

Vous en avez probablement chiné sur les brocantes sans savoir de quoi il s’agissait ? Que l’on la surnomme passementerie, dentelle à nœud ou frivolité, cette technique endormie renaît sous l’impulsion de Sabine Halm, fondatrice de l’atelier-centre de formation Madrigal.b. Rencontre haute couture dans son atelier en Haute-Vienne. Texte Agence Sophie Pierre – Photos Madrigal.b



A Saint-Sulpice-les-Feuilles, lové en pleine campagne limousine, au bord d’un étang cerclé de paons, l’atelier Madrigal.b s’inspire de cette nature édénique pour créer ses bijoux de dentelle, au sens propre comme au figuré. Dans cette commune rurale de la Haute-Vienne, Sabine H. a choisi de faire revivre la dentelle à nœud, pratiquée par son arrière-arrière-grand-mère dans le Nord de la France. Prothésiste dentaire de formation, la professionnelle de 45 ans a reçu, il y a une quinzaine d’années, cette vocation en héritage. « Mon arrière-arrière-grand-mère portait le même prénom que moi » aime-t-elle à préciser, avant d’ajouter : « C’était une évidence, comme une force mystique ». A plus forte raison, lorsque l’on découvre, de fil en aiguille, que ses aïeux étaient pour la plupart fileurs ou tisserands depuis 1700. Bien que l’amour du fil coule dans ses veines, en l’absence, à l’époque, de centre de formation, elle fait son apprentissage seule à l’aide de livres pluriséculaires dont le plus ancien « Art et métiers » date de 1830. En cause, ce type de dentelle tombé en désuétude. « Il existe deux cents façons de confectionner de la dentelle. Or, seules la dentelle au crochet et au fuseau sont connues du grand public » déplore la créatrice de Madrigal.b, qui a fait de la réhabilitation de ce savoir-faire son métier. Pour le faire connaître, Sabine H. parcourt les salons professionnels. « La dentelle à nœud n’est pas sauvegardée, puisqu’elle n’a pas de lieu de naissance identifié, à la différence de la dentelle du Puy par exemple. »



Casser les codes de la dentelle

Un an fut nécessaire à Sabine H. pour se former et élaborer sa propre technique. Laquelle vise « à casser les codes de la dentelle » pour mieux la réinterpréter. Oscillant entre tradition et modernité, la dentellière utilise des fils métalliques y compris l’acier pour surprendre le regard et obtenir un effet trompe-l’œil. « Lorsque les clientes entrent dans ma boutique saisonnière d’Angles-sur-Anglin (Vienne, ndlr), elles n’associent pas mes créations à de la dentelle » sourit-elle. Afin de brouiller davantage les pistes, Sabine travaille aussi bien des fils ultrafins à la loupe binoculaire que ceux très épais au rendu ultra contemporain. Pas étonnant que des couturiers fassent appel à ses talents tout droit sortis des codes du luxe pour enrichir leurs créations haute couture.



Transformer la matière

Bien que délicatesse, patience et minutie soient les attributs pour réaliser ce type de dentelle à la navette, aussi précieuse et élégante qu’aérienne, la rigueur des mathématiques n’est jamais bien loin. « Lorsque j’élabore des créations, je compte à haute voix le nombre de nœuds (jusqu’à 60 000 nœuds sur un galon, ndlr) pour savoir si je suis dans la bonne direction, car l’on peut difficilement rattraper une erreur » explique celle qui apprécie travailler au calme, dans cette nature bénie des dieux dont l’observation « lui fait des fois faire l’école buissonnière ». « Il m’est difficile de détacher mon regard des paons lorsqu’ils montent sur la verrière de l’atelier ».  Des paysages, dont le lyrisme insufflé, se retrouve dans son travail. « Ce qui me séduit, c’est la transformation de la matière. De partir d’un simple bout de coton ou de soie, et de le métamorphoser en quelque chose de beau ». Afin de magnifier davantage cette dentelle « plutôt ronde », il n’est pas rare que Sabine ajoute des perles, qui bercent d’une grâce séraphique ses galons qui viendront orner manteaux, robes ou objets de décoration. De même que ses bijoux : boucles d’oreilles, bracelets, colliers et autres bagues qui surprennent le regard par tant de vénusté.



Créer un centre de formation

Native de Nouvelle-Calédonie, Sabine s’est installée dans l’Hexagone il y a quinze ans pour suivre son époux. En 2015, elle crée son atelier-centre de formation destiné à partager sa passion auprès du plus grand nombre. Si les écoles de mode ou de dentelle font appel à son savoir, les particuliers peuvent également bénéficier de formations à la carte.

Restaurer la dentelle ancienne

Quand elle n’enseigne pas, en plus de réaliser ses œuvres, Sabine restaure des pièces anciennes. Comme ce plastron (photo ci-dessous) âgé de plus de 70 ans. Pour la créatrice aux doigts de fée, cela sonne comme une évidence en faisant perdurer les témoignages du passé.




Où se former ?

Formations Madrigal.b
www.madrigalb.com


Où trouver ses créations ?

Boutique Madrigal.b
Ouverture saisonnière
Angles-sur-Anglin (Vienne)

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