L’incroyable histoire de LU et de son Petit-Beurre

person Posté par: Agence Sophie Pierre list Dans: Découvrir - Le magazine Le: favorite Hit: 169

A l’occasion de l’exposition « Lu : un siècle d’innovation (1846-1957) » organisée du 4 avril 2020 au 3 janvier 2021 au musée d’histoire de Nantes (Loire-Atlantique), revenons sur la saga de cette entreprise au rayonnement international.
Texte Agence Sophie Pierre - Photos : © Chateau des ducs de Bretagne - Musée d’histoire de Nantes, Alain Guillard/François Lauginie/André Bocquel


Il pèse 10,9 grammes, a 4 oreilles et 52 dents. Qui est-ce ? Le Véritable Petit-Beurre, bien sûr ! Inventé en 1886, le Petit-Lu, pour les intimes, demeure aujourd’hui encore le biscuit emblématique de la marque reconnaissable par ses deux lettres, apposées comme acronyme de deux familles Lefèvre-Utile. Que l’on commence par le déguster par les oreilles ou pas, une chose est sûre, la gourmandise figure aujourd’hui encore parmi les biscuits les plus consommés. Mais connaissez-vous son histoire ? Si tel n’est pas le cas, croquez sans modération ce qui suit.

Une origine nantaise

En 1845, à l’orée de ses 20 ans, Jean-Romain Lefèvre quitte la commune de Varennes-en-Argonne (Meuse) dont il est originaire, pour apprendre le métier de biscuitier auprès de son frère Antoine, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Un an plus tard, c’est à Nantes (Loire-Atlantique) que le jeune homme poursuit son apprentissage dans une pâtisserie. Si Jean-Romain Lefèvre revient dans son village natal en vue d’y épouser Pauline-Isabelle Utile, c’est bien dans cette ville portuaire de l’Atlantique que le couple unira sa destinée à toute une commune. Ensemble, ils fondent la bien nommée « A la Renommée », une biscuiterie située rue Boileau dans le centre-ville. Le succès de leurs biscuits de luxe, vendus directement à la sortie du four dans la cour, ne se dément pas. Il faut dire que l’excellence des produits réalisés par ces deux biscuitiers est telle, qu’elle leur permet de décrocher la médaille d’Or lors de l’exposition de Nantes en 1882. Et ce, quelques mois avant de tirer leur révérence et de laisser les rênes de l’entreprise familiale à, Louis, le cadet de leurs trois enfants.

Début de l’industrialisation

Rapidement, cet entrepreneur visionnaire trouve l’activité – qu’il baptise Lefèvre-Utile - à l’étroit dans cette boutique du centre et acquiert une ancienne filature, non loin de la gare ferroviaire. Sur les quais de Loire, bordant le canal Saint-Felix et face au château des ducs de Bretagne, l’espace immortalisé quelques années plus tard par sa fameuse Tour LU offre toutes les conditions pour mécaniser la production. L’usine marque ainsi les débuts de l’industrialisation de la ville de Nantes avec l’arrivée de matériel à la pointe de la technologie dont des machines à vapeur. La success-story de ces biscuits nantais affiche des chiffres à donner le vertige. A grand renfort d’agrandissements, l’usine compte en 1913 une surface de 40 000 mètres carrés, emploie 1 200 ouvriers et produit plus de 20 tonnes de biscuits par jour. Afin de maintenir la qualité luxe recherchée par le fils des fondateurs, l’endroit dispose même d’une laiterie, d’une beurrerie et d’un laboratoire d’analyses, une première dans l’hexagone. Car l’homme est tous les défis. Si c’est à Louis que l’on doit l’invention du Petit-Beurre LU, c’est aussi lui qui lança en 1905 la célèbre Paille d’Or. Sans oublier que pour commercialiser ses produits et développer l’entreprise, l’homme d’affaires fait montre de bien d’autres talents.


L’art de la publicité

Fort de son adage « pour susciter la gourmandise, rien de tel que de séduire l’œil », il s’intéresse, dès 1887, au packaging en lançant des boîtes cubiques appelées « Tines ». Le graphisme de la marque est ainsi confié à de grands noms de l’art. A l’instar d’Alphons Mucha qui réalisa des emballages ou encore de Firmin Bouisset qui réinterprète les initiales LU et donne vie au Petit Ecolier. Mentionnons également l’architecte Auguste Bluysen qui réalisa un pavillon à l’allure de phare en forme de boîte « Tine » à l’occasion de l’exposition universelle à Paris de 1900 où Lu s’est vu remettre le Grand Prix de la biscuiterie. L’image du pavillon a été diffusée sur tous les supports de communication de la marque pendant des décennies. Une histoire aussi passionnante que dévorante que nous conte du 4 avril 2020 au 3 janvier 2021 le musée d’histoire de Nantes au travers de l’exposition « Lu : un siècle d’innovation (1846-1957) ». L’évènement retrace cette formidable volonté de valorisation du produit par l’esthétique, des débuts de la marque à 1957, date de création du célèbre logo de l’entreprise par le designer Raymond Loewy, à qui l’on doit l’invention de la bouteille Coca-Cola. Ajoutons que si les années 50 voient l’apparition du logo culte, cette période coïncide également avec la substitution des boîtes en fer par des emballages illustrés de photographies des biscuits. Dans les années 1930, LU a déposé un brevet relatif à un emballage novateur assurant la protection des biscuits et améliorant les conditions de transport et de distribution. L'emballage se compose d'une feuille d'aluminium comprenant une mousseline de papier paraffinée contrecollée.


Des œuvres originales à découvrir

Avec plus de 2500 objets dont de multiples originaux, la collection du musée atteste de la créativité, de l’innovation et de l’avant-gardisme dont a fait preuve l’entreprise au travers du packaging, de la publicité et du design. Parmi les nouveautés fraîchement entrées au musée, citons La Jeune fille au petit-beurre de Firmin Bouisset (1890) imaginée pour la réalisation d’un panonceau publicitaire, devenu par la suite le premier visuel d’une série annuelle de calendriers ; Les Souris de Georges Riom (vers 1898) qui n’est autre que le mythique seau à biscuits à décor tournant de souris et d’épi de blé édité à peu d’exemplaires ou encore Iceberg du peintre Luigi Loir dont le tableau représentant une campagne polaire dans les pôles Nord et Sud visait à promouvoir le lancement de la gaufrette vanille appelée « Iceberg ». Autre symbole de la publicité naissante : Les enfants à la vitrine de Vincente Bocchino (vers 1904) qui figure parmi les images emblématiques du patrimoine Lu. Rappelons que la marque a développé des thèmes différents selon les biscuits. Néanmoins ceux de la femme ou encore de l’enfance sont prédominants. Ce qui n’empêche pas de trouver des vues de Bretagne et de Nantes, bien sûr…

Le saviez-vous ?

Véritable emblème de la ville de Nantes, l’ancienne fabrique de biscuits LU est devenu en 2000 un centre culturel dénommé le Lieu Unique (LU).

Infos pratiques

L’exposition « Lu : un siècle d’innovation (1846-1957) »
Tarifs :
8€ plein / 5€ réduit / Gratuit - 18 ans
Gratuit détenteurs Pass Nantes et Pass annuel d'un musée (10€)
Accès :
Château des ducs de Bretagne
4, place Marc-Elder
44000 Nantes
Arrêt de tram Duchesse Anne (Ligne 1)

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