Chanel n°5 : 100 ans d’histoire

person Posté par: Editions Sophie PIERRE list Dans: Découvrir - Le magazine Le: favorite Hit: 545

Iconique, le parfum Chanel n°5 fête cette année ses 100 ans. L’occasion de revenir sur le parcours de Gabrielle Chanel dite Coco, un autre de ses parfums mythiques.
Texte : Editions Sophie Pierre – Photos : Adobe Stock, Sophie Pierre et Pierre SOISSONS / Corrèze Tourisme


Il a suffi d’une phrase de Marilyn Monroe pour le passer à la postérité. Le 7 avril 1952, lors d’une interview dans le magazine Life, l’actrice américaine répond à la question « Que portez-vous au lit ? » par le fameux « Seulement Chanel N°5 ». Il n’en fallait pas plus pour faire entrer ce parfum dans la légende. Il faut dire qu’il en a tous les ingrédients.
Créé en 1921, le N°5 est révolutionnaire à bien des égards. Souhaité comme un accessoire invisible de la femme moderne, tel un prolongement du vêtement, ce parfum signature de la maison Chanel se veut énigmatique et novateur. A commencer par son nom.  



Ernest Beaux, parfumeur à Grasse

Aux dénominations fleuries, véritables standards de l’époque, Gabrielle leur préfère en effet un numéro. N°5 comme cinquième échantillon proposé par le parfumeur de Grasse, Ernest Beaux, à Gabrielle Chanel. 5 comme son chiffre porte-bonheur. Exit également les senteurs uniques et place à un mélange de fragrances, tel un parfum miroir construit comme ses créations. Dans sa composition, l’alliage de quatre-vingts composants suscite une alchimie mystérieuse. Aux fleurs d’ylang-ylang, jasmin de Grasse ou encore rose de mai s’ajoutent des notes boisées et épicées. A ses effluves envoûtantes et énigmatiques répondent un contenant tout aussi novateur. S’il est emblématique, de par la première apparition du monogramme double C, il renverse les codes comme Gabrielle Chanel l’a toujours fait, faisant fi des modes soumises aux diktats des tendances. En pleines Années Folles et ses ornementations de fioles, Gabrielle préfère tout simplement la sobriété chic d’un flacon carré enveloppé dans un carton d’emballage blanc surligné de noir. Un dress code élégant dans la droite ligne de sa vision de la mode. « C’est la matière qui fait la robe et non les ornementations que l’on peut y ajouter » disait Coco Chanel.


Une adolescence corrézienne

Née le 19 octobre 1883 à l’hospice de Saumur (Maine-et-Loire), Gabrielle passe une grande partie de son adolescence en Corrèze à l’orphelinat de l’abbaye d’Aubazine (Corrèze). Cette parenthèse de six ans (1895-1901) participe à forger son style. Si c’est là où elle apprend à manier l’aiguille auprès des religieuses, sa vie austère dans cette abbaye cistercienne (photo ci-dessus) lui procure un goût prononcé pour les vêtements aux lignes épurées. On dit aussi, que c’est ici qu’elle développe son attirance pour les couleurs noire, blanche et beige. Sans compter que les entrelacs des vitraux de l’abbaye, lui auraient inspiré les fameux deux C entrelacés de son emblématique logo. Mais c’est bien à Paris, où dès 1907 elle chante dans les cafés à Moulins qu’elle prend son surnom Coco en référence à la chanson qu’elle entonne « Qui qu’a vu Coco sur le Trocadéro ». Deux ans plus tard, Mademoiselle Chanel ouvre avec le soutien de la modiste Lucienne Rabaté un atelier de chapeaux au 160, boulevard Malesherbes à Paris.


Des chapeaux à la une

En 1910, on peut voir quelques-unes de ses créations chapelières dans la revue parisienne théâtrale artistique littéraire Comœdia illustré. Si l’une de ses réalisations fait la couverture du n°24 du 15 septembre, le numéro suivant du 1er octobre publie deux portraits de Gabrielle Chanel portant ses créations. La même année, elle crée sa boutique Chanel Modes au 21, rue Cambron à Paris. Rapidement la Grande dame s’inspire de l’esprit de liberté qui souffle sur la vie mondaine à Deauville où elle a ouvert en 1912 une boutique, puis de Biarritz où elle installe sa maison de couture en 1915, face au Casino. Dans cet après Première Guerre mondiale, elle dessine les contours d’une élégance nouvelle qui caractérise son style. Des formes simples pour des vêtements fluides qui respectent le corps des femmes et permettent de se mouvoir aisément. Sans superflu. C’est en 1918, qu’elle ouvre sa maison de couture au 31, rue de Cambron à Paris, devenue l’adresse emblématique de la maison.


Elégance pure


Dans les années 20-30, elle poursuit son travail d’accompagnement de l’évolution de la silhouette. L’élégance épurée, la pureté des lignes se traduisent par des matières souples comme le jersey et souvent monochromes. Aux déclinaisons de blanc et beige s’adjoignent des notes de bleu nuit et de rouge.  S’inspirant des vêtements de sport, du chic masculin et du dandysme, elle fait entrer de plein fouet des matériaux comme le tweed et la maille dans l’univers de la haute couture. C’est également l’époque de la mythique petite robe noire, qui en 1926 connaît la consécration par le Vogue US la qualifiant de « La Ford de Chanel ». Deux ans plus tôt, la première gamme de maquillage venait d’être lancée. Les années 30 sont également les années des robes de soirée en mousseline oscillant entre classicisme et modernité. Gabrielle joue également sur l’asymétrie avec des pans légers et flottants, des drapés très subtilement esquissés. La surface des tissus est recouverte de perles, de paillettes ou de franges. Depuis 1928 et la fondation d’une usine de tissage à Asnières-sur-Seine sous le nom Tissus Chanel, Mademoiselle Chanel utilise notamment ses propres tissus exclusifs et de grande qualité.



Des parfums aux bijoux


Dans la même période, elle a lancé d’autres parfums (N°22 en 1922, Gardénia en 1925, Cuir de Russie 1927) ainsi que des bijoux fantaisie. Avant de créer en 1932 une collection de haute joaillerie qu’elle expose du 7 au 19 novembre dans son hôtel particulier au 29, rue du faubourg Saint-Honoré. Le Tout-Paris se presse pour découvrir ces créations composées de diamants montés sur platine. Dessinés par différents illustrateurs dont Paul Iribe, les bijoux sont modulables. Le motif étoilé d’un collier peut ainsi se porter en broche ou en bracelet. Avec l’entrée en guerre de la France en 1933, la maison de couture ferme ses portes. Elle rouvre quatorze ans plus tard. A 70 ans, Mademoiselle Chanel n’a rien perdu de son incroyable talent. Pour preuve, son fameux tailleur porté l'année suivante par la mannequin Marie-Hélène Arnaud dans le magazine Vogue. A ce style toujours à contre-tendance et d’une sobriété chic, elle y ajoute le sac en bandoulière en agneau plongé matelassé (2.55 créé en 1955) et le soulier bicolore créé par le bottier Massaro en 1957. La même année, Mademoiselle Chanel reçoit l’Oscar de la Mode des mains de Stanley Marcus, propriétaire des grands magasins Neiman Marcus à Dallas (Etats-Unis). Une distinction qui honore « la créatrice la plus influente du XXe siècle. »

Source Exposition Gabrielle Chanel, manifeste de mode au palais Galliera

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